Démons débonnaires dans le roman des camps
Mots-clés :
démons, débonnaires, roman des campsRésumé
Le roman des camps, dans son cheminement épistémologique, a toujours respecté une logique notoire : réécrire l’antagonisme sans précédent entre antisémites et Juifs – les premiers étant souvent les bourreaux ; les seconds les souffre-douleurs. Ce qui n’est aucunement surprenant puisqu’il est dans une large mesure héritier de l’histoire ; l’histoire qui a attesté sans ambages que de 1933 à 1945 le régime allemand n’a fait que propager sans état d’âme, partout à l’identique, la même psalmodie de la haine des Juifs qu’il perçoit et traite comme des erreurs de la création ou des contraires de la race humaine. Ainsi, pour de nombreux d’entre eux ayant vécu pendant le règne sanguinaire et létal de ce gouvernement dirigé par le Führer ou Guide Adolf Hitler, ce dernier puis ses nombreux adeptes nazis, à cause de leur méchanceté sans commisération à leur égard, sont des démons. Contrairement à cette perception presque collégiale, la présente étude fondée exclusivement sur quelques œuvres romanesques concentrationnaires françaises va attester qu’il y a des officiers nazis puis leurs sbires qui se sont montrés bons ou humains envers les Juifs au cours de cette période allant parfois jusqu’à sacrifier leur carrière et leur vie. Ce sont de tels protagonistes philanthropes ou humanistes que nous appelons “démons débonnaires”.