Instances de décision et représentativité féminine en Espagne : quelles orientations et leçons pour les pouvoirs de décision en Côte d’Ivoire ?
Résumé
Aujourd’hui, l’évolution de la lutte pour la promotion des femmes et de l’égalité homme-femme en Espagne comme en Côte d’Ivoire est inscrite dans les législations. En Espagne, l’accélération s’est faite en l’occurrence pendant la Seconde République espagnole entre 1931 et 1936 et dans un contexte post-dictature à partir de 1975. En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, c’est seulement à partir de 2002, après la crise politico-militaire de 2002 que cette lutte a connu une avancée notable. Si en Espagne, les organisations féministes se sont préoccupées tardivement de la cause de la représentation des femmes dans le microcosme politique et de leur condition en général, la prise de conscience a été significative et a produit des effets positifs. La parité homme-femme est parfaitement respectée dans ce pays et les résultats sont palpables dans la société. Cependant, en Côte d’Ivoire, l’ancrage des sociétés dans le patriarcat domine tous les aspects de la vie des populations et ralentit la réalisation de l’égalité homme-femme malgré une politique ambitieuse. Dans une perspective historique et à travers une méthode comparative, l’objectif de cette analyse est de montrer, à partir de l’expérience de l’Espagne, qu’il est possible pour la Côte d’Ivoire de changer les attitudes, les modes de vie et les structures sociales qui font obstacle au plein épanouissement des femmes en tant que citoyennes.