Léopold Sédar Senghor, frère de Ginette Éboué
Résumé
Le mariage entre Léopold Sédar Senghor et Ginette Éboué est un symbole de la réconciliation entre les Afro-africains et les Afro- américains. Leur union est notamment l’expression de joyeuses retrouvailles que, des siècles durant, nombre de Noirs américains et de Noirs africains avaient tant espérées vivre au temps du commerce triangulaire. La rupture de leurs relations n’est cependant pas le témoignage de l’impossible réconciliation ou l’échec de la conciliation entre les hommes de couleur d’Afrique et ceux d’Amérique. Elle signifie simplement que leurs rapports étaient incestueux. En effet par la poésie ou par « magie », G. Éboué et L. S. Senghor sont frère et sœur, car ils sont tous les deux originaires de l’Afrique. Ils le sont encore par le frère de la négritude de Senghor, Léon-Gontran Damas, qui est également Guyanais comme Éboué. Les deux sont aussi membres d’une même famille par le truchement des frères consanguins d’Éboué qui sont également des frères d’armes et de prison Senghor durant la Seconde Guerre mondiale. Ils sont enfin frère et sœur en raison de l’invalidation de leur mariage religieux par l’Église catholique romaine. Il est donc raisonnable que Senghor « sacrifie » Éboué pour jeter les bases matérielles de la civilisation de l’universel avec Colette Hubert, sa nouvelle compagne.