Femme et voile dans la société musulmane au Cameroun du XIXe au XXe siècle

Auteur/ices

  • Liliane Dalis ATOUKAM TCHEFENJEM Author

Résumé

Le voile islamique est en usage au Cameroun depuis le XIXe siècle. L’exploitation des sources écrites, iconographiques, orales, religieuses et webographiques, révèle que sur près de deux siècles, la femme musulmane a véritablement adopté le port du voile ou hijâb. Celui-ci a connu de profondes mutations dans l’espace et le temps. Depuis quelques années, le port du voile suscite des débats au Cameroun et ailleurs à la suite des missions kamikazes orchestrées par la secte islamiste boko haram dans le Bassin du Lac Tchad. Il en est de même d’autres actes de terrorisme observés dans le monde notamment en Allemagne, aux Etats-Unis, en France, en Iran, etc. Pourtant, le voile est une coutume vestimentaire antérieure à l’islam. L’obligation pour une femme de cacher ses cheveux était déjà mentionnée 1700 ans avant le Prophète Mahomet par les lois assyriennes. Le port du voile a également une origine divine. Allah a demandé aux musulmanes de se faire remarquer en « dépliant sur elles leur voile ». L’introduction du voile au Cameroun coïncide avec la diffusion de l’islam. Il revêt plusieurs fonctions : climatique, culturelle et commerciale. De plus en plus associé à l’intégrisme, au terrorisme et à l’acculturation, le voile est un élément esthétique qui rehausse la beauté féminine. Sur le plan religieux, c’est une marque de soumission profonde à Dieu. Sur le plan culturel, il s’agit d’un trait identitaire, un véritable indicateur du statut social de la femme. C’est enfin un vêtement qui fait l’objet d’échanges commerciaux et qui confère à la femme toute sa féminité.

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Publiée

2026-10-08