Les langues et leurs statuts en Afrique plus d’un demi-siècle après les indépendances : un bilan mitigé dans un contexte multilingue (cas du Cameroun)
Résumé
La présente réflexion interroge ou, mieux, réinterroge les statuts qu’ar - borent les langues en partage dans le contexte africain en général, et came - rounais en particulier. Au-delà de ces deux cadres, il s’agit de tous les milieux qui se veulent multilingues. Il s’avère, en dehors des stéréotypes et autres idées construites/entretenues jusqu’ici, à tort ou à raison, qu’à plus d’un titre, le statut d’une langue est essentiellement volatile, dynamique. Les réalités linguistiques, elles-mêmes dépendantes des contraintes sociales, politiques, culturelles ou encore stratégiques, imposent aux langues et à leurs locuteurs un rapport peu appréhensible, peu harmonieux. Il est donc difficile, contrairement aux pratiques ouvrantes, d’attribuer a priori à une communauté quelconque un statut pour telle ou telle langue, une fois pour toutes. Autant la même langue peut revêtir un statut chez un locuteur un jour donné et évoluer vers un autre plus tard, autant une communauté vraisemblablement homogène vis-à-vis d’une langue peut évoluer vers un rapport tout autre, généralement plus di - versifié. Le présent projet, révélant l’ampleur de cette dynamique, aboutit à l’urgence d’une nouvelle catégorisation des langues, à une reconfiguration des statuts y afférents, avec prise en compte des multiples contraintes ; chose qui implique une révision des politiques et choix linguistiques.