Pratiques d’assujettissement d’enfants en situation irrégulière et enseignement coranique au « Sénégal » (1817-1903)
Abstract
Lors des premiers siècles du commerce des esclaves, le « Sénégal » a fourni les effectifs initiaux d’approvisionnement démographique du continent américain sur la base d’une reconfiguration des rapports de forces intérieures. La multiplicité des guerres et les destructions qu’elles ont entrainé rendaient familier le spectre de l’indigence. Pour se procurer des vivres, des chefs de familles vendaient certains de leurs captifs de case. À défaut, ils cédaient leurs enfants ou les plaçaient en gage pour assurer la survie de leurs familles. Ainsi, l’abolition de l’esclavage a fait qu’un nombre important de captifs, femmes, hommes, enfants, se retrouvent dans les rues des villes coloniales en gestation sans exercer de métiers et sans disposer de ressources, autres que celles que pouvait leur apporter la mendicité, pour survivre. Dans ce contexte, se pose alors la perspective d’apporter une touche originale dans la marque de fabrique d’une réalité à la fois juridique, sociale et spatiale autour de la mendicité des enfants sous la couverture du tissu coutumier, traditionnel et coranique.