La milice Dozo-Lobi et la problématique sécuritaire dans la région de Bouna (2013-2022)
Abstract
Initié à Bouna en 2013 par un paysan lobi du nom de Jean-Marie Youléré Palé, le ‘’dozoya’’ s’implante progressivement dans cette région. Initialement reconnu comme une confrérie de chasseurs traditionnels d’origine mandé, ce groupe est fortement représenté par les Lobi, peuple d’origine voltaïque, dont les migrations dans la région datent du XIXe siècle. Ce groupe considéré comme une milice ethno- tribale a dès son apparition, suscité des inquiétudes au niveau du pouvoir politique traditionnel des Koulango. Pourtant, cette milice a été soutenue et reconnue par les autorités administratives du pays à l’instar de leurs confrères des autres régions. Par la suite, les inquiétudes signalées auparavant se sont avérées fondées car dès son implantation, cette milice défie l’autorité des chefs dans les villages, s’adonnent au racket et à l’extorsion de fonds et joue le rôle de justicier en cas de litiges. Pis, la milice dozo-lobi s’est discréditée en perpétrant des exactions sur les populations civiles au cours du conflit intercommunautaire survenu en mars 2016, opposant les Lobi aux Peuhl et leurs tuteurs Koulango. Cette situation a immédiatement conduit au démantèlement de ce groupe armé et à l’arrestation de leurs membres. Deux ans après, c’est-à-dire en 2018, cette milice renaît de ses cendres et en 2022, elle est fortement représentée au cours de la cérémonie marquant le 62ème anniversaire de l’indépendance du pays dans la localité d’Ondefidouo. Dès lors, la présence de cette milice soulève la question sécuritaire dans la région et fragilise la cohésion sociale.