Côte d’ivoire : la réconciliation nationale à l’épreuve de l’ethnicité politique
Abstract
Tout en scrutant la trame de la rhétorique et des pratiques des acteurs politiques ayant exercé le pouvoir d’État en Côte d’Ivoire, cet article questionne la possibilité de la reconstruction du tissu social dans le pays, dans un contexte marqué par l’apparition du concept de « rattrapage ethnique » et la persistance des antagonismes politiques. Naguère modèle de stabilité, la Côte d’Ivoire a basculé depuis plus de deux décennies dans des épisodes de violences dont elle a du mal à en sortir. Après la douloureuse issue du contentieux électoral de 2010 et la reconduction d’Alassane Ouattara à la magistrature suprême en 2015 et 2020, le chantier de la réconciliation reste entier. En sus, le sentiment diffus et mal vécu à l’intérieur de la société ivoirienne de la forte représentation des nordistes dans l’appareil politico-administratif et économique sous son régime, entretient sournoisement la distance avec les autres groupes ethniques. De fait, l’accalmie qu’on observe dans le pays est structurellement fragile. Les ingrédients d’une conflagration à caractère ethnico-communautaire existent encore. Ils invitent à un recadrage en profondeur de la gouvernance politique de la diversité sociale en Côte d’Ivoire.