L’avenir de l’espèce humaine et le transhumanisme
Abstract
Le progrès des biotechnologies remet en cause la possibilité d’être soi- même, c’est-à-dire qu’il donne à l’homme le pouvoir de dé/reconstruire, de falsifier et de remodeler le génome humain. Cette perspective dont l’objectif est de produire des êtres humains sans défaut parait contre nature. Pour les bioconservateurs, cette attitude transhumaniste vient en violation des principes éthiques de l’inviolabilité de la nature sacrée de l’homme, créature divine. Il est impérieux d’éviter ces dérives scientifiques qui menacent de soumettre l’homme au totalitarisme technologique capable de déconstruire ou reconstruire sa nature réelle, authentique. Cependant, l’authenticité de la nature humaine constitue le point de discorde qui sépare les bioconservateurs ou les traditionnalistes des transhumanistes. Ces derniers prétendent sauver l’humanité de l’eugénisme sauvage et criminel classique en l’introduisant dans un autre dit moderne et plus humanisant : le transhumanisme. On le voit c’est cette capacité et cette possibilité qu’a l’homme, d’améliorer, d’augmenter, de parfaire sa nature et mettre ainsi fin à la souffrance de l’homme que les biotechnologies s’attèlent à promouvoir. Mais, l’être biotechnologique est-il un être humain ou un être technique ? Comment venir à bout de cette dérive de l’ingénierie procréatique ? Habermas, H Jonas et F. Fukuyama, à travers leur éthique substantielle et universelle militent en faveur de la protection de la nature humaine.