Immigration, religion et schisme politique en Côte d’Ivoire de 1990 à 2010
Abstract
La ruée des étrangers originaires des pays sahéliens vers la Côte d’Ivoire, havre de paix et oasis de prospérité, entraine une rupture des équilibres religieux dans le pays d’accueil. L’islam connait, par le jeu de l’immigration, un bon spectaculaire en passant de 30% à 41% de la population active tandis que le christianisme subit un recul relatif en déclinant de 32% à 29%. Étude déductive et inductive fondée sur le croisement des données et la confrontation des sources, cet article a pour but de décrypter le poids des étrangers dans la reconfiguration de la cartographie religieuse de la Côte d’Ivoire. De même il vise à déceler les antécédents politiques subséquents. Les enquêtes réalisées indiquent que le dynamisme de l’islam en Côte d’Ivoire est consécutif à la ruée des sahéliens (90% Musulmans) et non d’un prosélytisme religieux en dehors des zones de prédilections de cette religion [septentrion ivoirien et communauté malinké au Sud]. Par ailleurs, cette communauté musulmane est autant source d’anxiété politique que de convoitises électorales.