La démocratie à l’épreuve de la question ethnique en Afrique subsaharienne : cas de la Côte d’Ivoire
Abstract
La manipulation et l’instrumentalisation de la question ethnique constituent l’une des constantes de la vie politique, en Afrique subsaharienne en général et en Côte d’Ivoire en particulier. Au lendemain des indépendances, le parti au pouvoir, parti unique, consolide son assise nationale à partir de l’ethnie et du groupe ethnique de son leader. En outre, avec l’avènement du multipartisme et de la démocratie, l’on assiste à l’émergence de partis politiques dont les plus significatifs se constituent sur des bases ethniques. Une telle pratique apparaît, à tout point de vue, comme une entrave au processus démocratique. On ne saurait évacuer, pour autant, et à moindres frais, la question ethnique. En Côte d’Ivoire, comme partout ailleurs, l’ethnie est l’une des composantes essentielles de l’État. Par conséquent, la vie politique, tout comme le processus démocratique, se doit d’en tenir compte, d’autant plus que l’État, communauté humaine (homogène), n’est en réalité qu’un agrégat d’ethnies et de groupes ethniques. Il convient de créer, dans ce contexte, les conditions de la consolidation et de la survivance de la démocratie. Pour ce faire, l’État, autorité politique par excellence, se doit d’œuvrer dans le sens de l’harmonisation des différences en contribuant à une saine cohabitation entre les ethnies d’une part, et les groupes ethniques d’autre part. Aussi se doit-il de mettre en avant les principes de la bonne gouvernance et de l’État de droit.