À propos du succès du référendum gaulliste du 28 septembre 1958 au Dahomey. De la responsabilité de l’élite dahoméenne à la suprématie du pouvoir français
Abstract
Par un coup de force, le 13 mai 1958, l’armée française met fin à la IVe République. Elle fait appel au Général de Gaulle pour reprendre les rênes du pouvoir après sa démission du 20 janvier1946. Ce dernier fit élaborer une nouvelle constitution qui consacre la naissance de la Vème République et d’une Communauté franco-africaine à l’issue du référendum du 28 septembre 1958. L’adhésion massive de l’élite dahoméenne à ce projet de constitution gaulliste, lui a souvent valu des critiques acerbes. On lui reproche d’être lige et passive à la perpétuation de la domination française, même après une indépendance acquise sans rupture avec la France. Mais, l’on peut se demander si les rapports de forces en présence pouvaient permettre à cette élite dahoméenne d’aller contre la volonté des autorités françaises en votant et en faisant voter non. Cette problématique nous amène à explorer et à analyser la documentation existante afin de faire une appréciation rigoureuse des facteurs déterminants qui ont émoussé l’ardeur de cette élite et qui l’ont amenée à renoncer à sa position de départ celle d’exiger l’indépendance immédiate et sans conditions avec la France, au lieu de s’aligner sur la position des gaullistes. De l’analyse de la question il ressort que face au rapport de forces en présence, l’élite dahoméenne ne pouvait que voter et faire voter le "Oui" massif en s’alignant derrière la France.