Politique d’isolationnisme nippone à l’ère de shogunat Tokugawa (1603-1868)
DOI :
https://doi.org/10.55595/c9wq8518Résumé
Cet article a pour objet, l’analyse de la politique d’isolationnisme du Japon durant le shogunat des Tokugawa (1603-1868), en mettant en lumière ses fondements, ses mécanismes et ses répercussions. Il s'agit notamment de comprendre comment le sakoku, instauré par Tokugawa Iemitsu, a permis de préserver la stabilité politique, de limiter les influences étrangères et de renforcer le pouvoir central. Instaurée progressivement à partir des années 1630 par le shogun Tokugawa Iemitsu, elle repose sur la fermeture quasi totale du pays aux relations extérieures, à l'exception de contacts limités et strictement encadrés avec les Chinois, les Coréens et les Hollandais, via le comptoir de Dejima. Cette politique répond à plusieurs objectifs : prévenir la propagation du christianisme, perçu comme une menace politico-religieuse, limiter les risques de colonisation occidentale et assurer la stabilité du régime féodal dominé par les Tokugawa. Cette fermeture s'accompagne d'un contrôle rigoureux des déplacements des Japonais à l'étranger et d'une surveillance accrue du commerce extérieur. Cependant, cette politique n'implique pas un isolement total, mais plutôt une régulation sélective des échanges. Elle favorise un développement interne relativement autonome, marqué par une croissance économique, une urbanisation progressive et un essor culturel notable durant l'époque d'Edo. L’isolationnisme prend fin au milieu du XIXe siècle, notamment sous la pression des puissances occidentales, symbolisée par l’arrivée du commodore Matthew Perry en 1853. Cette arrivée conduit à l’ouverture forcée du Japon et à la signature de traités inégaux. Cette rupture marque la fin du shogunat Tokugawa et le début d'une période de modernisation rapide du Japon. L’étude vise également à évaluer les effets de cette politique sur le développement économique, social et culturel du Japon, tout en examinant les facteurs ayant conduit à sa remise en cause, notamment face aux pressions occidentales au XIXe siècle.