La mémoire de la variole chez les Mafa de l’Extrême-Nord Cameroun (1980-2025)
DOI :
https://doi.org/10.55595/shm6st94Résumé
En 1969, la variole qui y sévissait depuis 1866 agite pour la dernière fois le Mayo-Tsanaga. L’on crut alors complètement soldées, les pratiques médicales autrefois utilisées pour sa prévention et sa prise en charge. Depuis son éradication par l’OMS en 1980, les Mafa continuent de s’en souvenir et de les mettre en œuvre, c’est-à-dire d’y soumettre des personnes non pas malades, mais saines. Le présent article, à partir de la théorie de la mémoire collective (1950) et des données issues des sources d’archives, écrites et orales1, s’intéresse au souvenir de la variole chez les Mafa partant de la date de sa suppression jusqu’à nos jours. Il souligne la survivance (et ses fondements) chez les Mafa des pratiques médicales de lutte contre la variole, une pathologie inexistante. Ensuite, il dégage les situations dans lesquelles la mémoire de la variole y refait surface. Enfin, il relève les usages mémoriels de la variole.