L’éducation ancienne au sud du Tchad
DOI:
https://doi.org/10.55595/mz7mhs38Abstract
La société Sara a pour socle l’éducation initiatique. Celle-ci concerne les garçons et les filles. L’éducation des garçons comprend deux phases à savoir : la circoncision (gadj) et l’initiation. La première consiste à détacher le garçon âgé de 5 à 10 ans de sa mère et le rapprocher des hommes (frères aînés, oncles, etc.) pour l’apprentissage des activités rurales (agriculture, chasse, pêche…). La circoncision peut être individuelle ou collective. Elle conduit à la phase de l’initiation. L’initiation, appelée Tôl ndo, prépare le jeune koy (non-initié) âgé de 15 ans et plus à assumer sa responsabilité dans la gestion du patrimoine familial. Exécutée par le Môn ndo (prêtre initiateur), sous la supervision des bra ndo (parrains des initiés), l’initiation obéit à quelques interdits. Elle se déroule secrètement en brousse où les jeunes koys, initiés, subissent des dures épreuves. L’éducation féminine comprend aussi deux étapes : l’éducation de base et l’excision. L’éducation de base de la jeune fille ayant l’âge de 4 à 5 ans échoit à sa mère et aux femmes âgées qui doivent prendre soin de la beauté de la jeune fille et lui inculquer les notions des tâches ménagères. Quant à l’excision appelée baya, elle consiste à ôter le clitoris de la jeune fille. Tout comme chez les jeunes garçons initiés, les jeunes filles subissent également de dures épreuves pendant cette excision. Elle se déroule en brousse, loin des regards des hommes. Les marraines leur enseignent tous les secrets de la vie sociale, la gestion de leur futur foyer, l’économie domestique traditionnelle et le respect de la belle-famille. Pour les distinguer des non- initiées, elles portent des balafres sur les deux joues et le front. C’est aussi le cas des garçons initiés.