La fracture de la fonction poétique dans Les Fleurs de mal de Charles Baudelaire
DOI :
https://doi.org/10.55595/7j9pmh05Mots-clés :
Baudelaire, Les Fleurs de mal, poétique, Fracture, TranscendanceRésumé
La curiosité esthétique de Baudelaire le mène vers l'univers de l'imagination poétique. La poésie, quoiqu’en ait dit Poe, n’est pas possédée de « l’esprit négatif ». Elle ne détruit que pour reconstruir e. L’absurdité du poème lui est essentielle, mais elle n’est pas gratuite. Elle est le prix dont il faut payer une clarté d’un autre ordre. La modernité poétique de Baudelaire réside dans ce conflit entre, d'un côté, un idéal de transcendance et, de l'autre, une réalité dominée par la mort. Dans ce conflit, bien des questions restent en suspens : ce qui est inaccessible dans la vie pourrait -il devenir possible, indirectement par le biais de la fonction poétique ? En se montrant contre cette nature banale, symbole de la vérité, la poésie ne devient-elle pas un moyen pour sortir de l’ennui ? L’hypothèse la plus plausible est qu’il faut voir dans l’attitude surnaturaliste de Baudelaire, la réponse principale de son état d’affliction, le remède auquel il a le plus songé pour y échapper. S’arracher à soi, et ne pas voir la vie telle qu’elle est, à travers l’imagination ; voilà l’essentiel de sa fracture poétique.
